« Psychiatrists tried to kill phase3 »

Fin 1984, après avoir vécu une succession de trahisons et d’expériences amoureuses calamiteuses, j’étais terriblement déstabilisé d’un point de vue psychique que mes pauvres parents désemparés face à ma détresse n’eurent d’autres recours que de me confier à la psychiatrie.

Six mois plus tard, refusant le sévère diagnostic de schizophrénie qu’avaient fait à la hate un détestable chef de service et sa jeune interne soumise et débutante, ils me recueillirent et j’arrêtai les traitements médicamenteux qui avaient énormément détruit mon énergie vitale. Cependant, ils m’interdirent de reprendre mes études en troisième années d’arts plastiques aux Beaux Arts de Grenoble que j’avais dues abandonner à cause de l’hospitalisation.

Ainsi en juillet 1987, je commençais une carrière comme responsable d’intervention dans le nucléaire civil.

La vie et le temps passèrent.


Ce n’est qu’en 2015 que je n’ai pu reprendre la peinture et refaire, en septembre 2016, une exposition intitulée

« Psychiatrists tried to kill phase3 »

« Il faut mettre la société au service de l’école et non pas l’école au service de la société » disait Gaston Bachelard.  Pourtant, aujourd’hui, l’école nuit au développement personnel des enfants. Elle contribue, de plus en plus tôt, à une mise en concordance avec un modèle unique, en visant l’optimisation de la performance et en laissant de moins en moins de place pour la réflexion, la différence, le sentiment ou l’expression.

Jiddu Krishnamurti

Formater les enfants pour en faire de bons conso-acteurs et appeler cela l’ « intégration sociale » est une première escroquerie. Le moule scolaire interdit toute dérive idéologique autre que celle qui prône l’ultralibéralisme à tout crin et la consommation de masse.

L’Histoire, la Philosophie, les Arts ou la Littérature ne seront bientôt plus dispensés dans les écoles car ces matières peuvent éveiller la curiosité des plus jeunes et risqueraient, par la suite, d’en faire de vilains réfractaires. La différence, cette source d’inspiration et de créativité, pourtant tellement vitale pour changer ce monde en pleine déliquescence, n’est plus admise. Accepter ou pas un monde qui place l’argent, le pouvoir et la violence comme les plus belles des valeurs est une option de vie que l’on devrait pouvoir mûrir librement. Ce choix est pourtant interdit et est même répréhensible. Les programmes de l’Education Nationale sont obligatoires jusqu’à l’âge de 16 ans . Ne pas y adhérer est un pari dangereux où le jeune adulte insoumis risque de se voir renvoyé sur le banc de touches de manière violente et rapide.

La loi et la justice protègent la société contre ceux qui ne se conforment pas aux règles imposées par les plus puissants. La sanction la plus courante demeure l’emprisonnement mais, de tout l’arsenal juridique, les soins psychiatriques sans consentement et plus particulièrement l’hospitalisation d’office (appelée aujourd’hui « soins psychiatriques sur décision d’un représentant de l’état ») sont les plus abjects. Sous prétexte d’une possible déviance, ils répondent, à l’avance, et arbitrairement, à une éventuelle mise en danger du système par ceux là mêmes qui pourtant en fond partie mais qui pourraient par leurs idées nouvelles qui renversent les tables la faire évoluer. Le quidam n’a pas droit au chapitre ni aux revendications excessives.

« Sur le fondement d’un certificat médical circonstancié émanant d’un psychiatre, le préfet prononce par arrêté l’admission en soins psychiatriques d’une personne dont les troubles mentaux nécessitent des soins, compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l’ordre public », ainsi, sans qu’aucun reproche ne puisse lui être fait, hormis celui de ne pas penser « comme il faut », les psychiatres, souvent avec l’aide des forces de l’ordre, se chargent du sale boulot et de la « reconduite dans le droit chemin » et de faire ré adhérer le déviant au modèle sociétal.

La psychiatrie est le bras séculier des lobbies, des politicards et de la doxa bien pensante. Elle incarcère et reprogramme les plus rebelles d’entre nous en évoquant le facétieux prétexte, qu’un jour, peut-être, ils pourraient être dangereux.

Il faut quelques secondes et un verre d’eau, ou le temps d’une injection, pour commencer un traitement par neuroleptiques mais, après, il sera pratiquement impossible de l’arrêter. 

La rechute inévitable qu’entraînerait l’arrêt du traitement est l’une des nombreuses épées de Damoclès brandies par le personnel des hôpitaux psychiatriques. L’est aussi celui de l’instauration d’un état possible de pathologie chronique qu’entraînerait une rechute. Ainsi effrayé, le patient ne pourra qu’adhérer au programme de soins. Comme révélée, il y déjà longtemps par Edward Bernays, Henri Laborit ou Stanley Milgram créer la soumission n’est pas une tâche très difficile. La perte de confiance en soi provoquée par l’autoritarisme abusif du personnel de santé trouve ses fondements dans la peur générée par la menace et l’infantilisation avec tout un contingent de phrases et de gestes qui seraient presque anodins dans un autre contexte. 

La chambre d’isolement est une aussi une brimade courante. 

La contention fait, qu’à cause du manque de personnel, le patient peut se retrouver sanglé sur un lit pendant plusieurs semaines. On lui mettra une couche culotte et on lui injectera un produit anticoagulant chaque jour.  

La description d’un futur, de toute façon pourri, peut aussi en conduire certains au suicide. Les psychiatres, bien sûr, diront, que c’est à cause de la dépression liée à la maladie. 

Le lien social n’existent plus. Les rapports entre humains sont de plus en plus superficiels et les injonctions de plus en plus contraignantes. C’est encore pire dans les institutions. Il y a tellement de misère humaine et de maltraitance dans les hôpitaux psychiatriques que peu de patients arriveront a se remettre d’un séjour dans leurs murs.

Si tu n’adhères pas à cette société et comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans concession ni le moindre regret. 


Quelques oeuvres exposées :

Pedro et Manu ont assuré la partie musicale :

Colette a raconté son expérience dans les institutions :

 » Parce que les limites entre Art et folie sont ténues, souvent à peine perceptibles, le prétexte de la création artistique restait pour moi un doux refuge quand je subissais les violents assauts de cette société agressive et malade et de la police et la psychiatrie, ses sbires. La « distorsion mentale » que crée le sentiment de révolte et  la mise en danger permanente qui en découle, sont les fondements de ma démarche artistique « . – phase3

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