… une oasis !

Après la µexpo (encore visible à l’intérieur) où étaient mises en scène quelques cartes mentales et réflexions sur les liens et les interactions entre Humains, Elisabeth SÉNÉGAS m’offre la vitrine du Chimère café, 12 rue Voltaire, Grenoble, pour y exposer « … une oasis ! » une toile de 115 X 75 (techniques mixtes).

Elle est la dernière de la série Collapsologie, commencée après la sidération qu’avait provoqué chez moi la fréquentation de quelques amis écologistes et économistes alternatifs, une réflexion sur l’effondrement de la société industrielle et de ce qui pourrait lui succéder..

S’il est urgent de ralentir il nous faut surtout être force de proposition et penser par quoi remplacer le système néolibéral.

Depuis le premier déconfinement, qui n’a pas tenu ses promesses de changement de paradigme, une grande crise ne fait plus aucun doute. Je cherche cependant à rester optimiste, explorant d’abord la piste du survivalisme, puis celle du « localisme et du communalisme » où la survie ne serait pas individuelle mais communautaire. A l’échelle d’une ville, les spécificités et les talents de chacun deviendraient la ressource de tous.

Aujourd’hui, il n’y a guère qu’au niveau local que peut commencer une mutation sociétale. Attendre que la nomenclature étatique légifère et règle tous les problèmes par ses systèmes administratifs complexes, inefficaces et lents n’est plus possible. L’idée de production collective de confiance, en limitant au maximum les intermédiaires, à la manière d’un bockchain couplé à une monnaie locale, peut devenir un modèle coopératif adaptable aux fonctionnement urbain. Avec une entraide de qualité, le peuple n’aura pas à prendre le pouvoir, le peuple sera le pouvoir.

En ces périodes troubles, il pourrait ainsi subsister des îlots, des oasis de fraternité (notion chère à notre parrain Edgar Morin).

 «  Les portes de la ville resteront ouvertes pendant toute la journée; et même, elles ne seront jamais fermées, car là il n’y aura plus de nuit. On y apportera la splendeur et la richesse des nations. Mais rien d’impur n’entrera dans cette ville, ni personne qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge ...  À la fin de l’histoire des hommes, la ville parfaite, contiendra parfaitement tout ce que l’homme attend lorsqu’il désire la ville : sécurité, survivance, vivre ensemble… » Apocalypse 21

 «  Des villes et des villages renait l’espérance. Les temps qui viennent seront rudes. Homoeconomicus a vécu. Sur les ruines des dogmes, notre chemin sera de cultiver notre courage. Et nous puiserons dans nos poèmes la force de rendre envisageable ce qui n’a pas encore de nom »  Éric PIOLLE (Grenoble – 2020)

«  Plus les libertés s’accroissent, plus les contraintes qui imposent l’ordre diminuent, plus s’accroissent les désordres inséparables des libertés, plus s’accroîts la complexité sociale. Mais l’extrême désordre devient destructeur et la complexité se dégrade en désintégration. La seule chose qui puisse protéger la liberté, à la fois de l’ordre qui impose et du désordre qui désintègre, est la présence constante dans l’esprit de ses membres de leur appartenance solidaire à une communauté et de se sentir responsable à l’égard de cette communauté. Ainsi donc l’éthique personnelle de responsabilité/solidarité des individus est aussi une éthique sociale qui entretient et développe une société de liberté. Cette éthique contribuerait à la réhumanisation de la société ainsi qu’à la régénération du civisme, lequel est indissociable de la régénération démocratique. »   Edgar MORIN (2020)